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Avant d’aller répondre précisément à cette question, je vais définir l’état dont je parle.

Vous l’avez lu dans les articles sur ce blog, il y a différents stades :

  • épuisement (moral, émotionnel, physique)
  • distanciation
  • reniement

La partie sur laquelle je mets l’accent dans cet article est l’épuisement physique, physiologique, celui vécu par l’organisme, par le corps.

En 2016, après être sortie de l’épuisement émotionnel et mentale, mon corps a parlé : “STOP !!! j’en peux plus !!“. Pourtant depuis 12 mois, je prenais soin de lui. Je mangeai sainement avec beaucoup de légumes verts, j’avais supprimé les aliments qui étaient inappropriés à mon organisme, je dormais bien. L’énergie que j’avais récupéré avec ce nouveau fonctionnement, je l’utilisais à travailler ! Et oui, une des caractéristiques des personnes qui font des burn out, c’est que ce sont des bosseurs, des bosseuses, des personnes ayant de grosses capacités de travail. Mais mon corps n’était pas d’accord avec cela.

Clouée au lit

En janvier, j’avais eu la grippe. 8 jours de fièvre, de douleurs et surtout clouée au lit. De nouveau sur pied, j’avais repris le travail comme avant : 50h par semaine en tant qu’assistante maternelle. C’était mon rythme de maman solo depuis plus de 2 ans avec 3 enfants à moi, 4 enfants à garder, une maison à entretenir et mon activité professionnelle de consultante qui commençait.

En mars, un matin mon corps a refusé de bouger. Impossible de me lever. Mon cerveau était complètement dans le brouillard, une sensation très étrange d’avoir la tête dans le coton, ma pensée était active mais le corps refusait de prendre en compte les commandes du système nerveux. 

Certaines personnes vivent cet épuisement physiologique avec des vertiges, des acouphènes puissants voir une soudaine surdité, une crise de tachycardie ou d’autres phénomènes.

Panique à bord

Quand cette incapacité à bouger alors que le cerveau fonctionne parfaitement bien, que les émotions sont posées, je peux vous assurer qu’on passe assez rapidement à une très forte inquiétude. Mais qu’est ce qui se passe ? Pourquoi mon corps ne répond plus alors qu’hier je marchais, j’assurais mes occupations. 

Le médecin constatera une chute importante de tension. La prescription c’est le repos, et bien sûr l’arrêt de travail.

Ok, j’accepte.

Mais au bout de 8 jours, lorsque le corps est toujours aussi faible alors que je passe mes journées et mes nuits à dormir, que je mange sainement, que je m’hydrate beaucoup, pourquoi ça ne repart pas ? Pourquoi ai-je toujours des vertiges quand je me lève ? 

3 mois d’investigation

Incapable de reprendre mon activité professionnelle, l’arrêt de travail est prolongé semaine après semaine. Aucune date de reprise prévue, mon corps a dit “STOP”.

Echographie, scanner, prise de sang, analyses diverses tout est ok. Alors pourquoi, si tout est ok d’un point de vue médical, suis-je totalement vide d’énergie ? J’ai repris la marche tout en douceur, je fais des parcours de plus en plus loin et de plus en plus long. Oui, au début, même aller jusqu’au bout de la rue (à peine 100m) c’était difficile et fait en 20 minutes. J’arrive au bout de plusieurs semaines à marcher 1h chaque jour et à un rythme de plus en plus soutenu, l’énergie revient.

Une reprise partielle

Au bout de 3 mois, je commence sérieusement à trouver les journées longues, le moral en prend un coup. Vivre 3 mois en version “escargot” quand on est hyperactive c’est plutôt déstabilisant. Le médecin du travail autorise une reprise partielle : 4 jours par semaine, repos le mercredi et sieste obligatoire tous les jours. C’est ça ou elle refuse de signer l’accord de reprise. En même temps, je le sens bien que je suis incapable de travailler autant qu’avant. Je fatigue plus vite malgré tout ce que j’ai mis en place en alimentation pour permettre à mon organisme de mieux fonctionner. 

J’aime mon métier

J’ai plaisir à retrouver ma tribu d’enfants à garder après 3 mois d’arrêt. Le rythme est obligatoirement ralenti, l’organisation modifiée pour prendre plus de repos. Les petits sont super cool, ils font de grosses siestes l’après midi et moi aussi. Mes employeurs ont accepté l’aménagement d’horaires imposé par le médecin mais c’est compliqué sur le long terme pour eux. 

A la fin de l’été, après mes congés, devant mon incapacité physique à reprendre à plein temps, les contrats sont arrêtés : licenciement.

Heureusement que j’avais travaillé mes projets des mois plus tôt. Heureusement que j’étais sortie de l’épuisement mental et émotionnel, heureusement que j’avais fait une thérapie après mon divorce sans quoi j’aurai plongé en dépression. 

Alors, combien de temps pour retrouver la pleine forme ?

A partir de ce moment où je me suis retrouvée clouée au lit, la tête dans le brouillard, le corps qui refuse de bouger, il aura fallu plusieurs mois pour retrouver la pleine forme. J’ai posé pour cela beaucoup d’actions : alimentation, exercices physiques, travail émotionnel.

Et encore, comme je vous l’ai dit, j’avais déjà beaucoup travaillé avant. 

En juin 2018, j’étais capable de suivre une session d’entrainement de RPM (LesMills), sport intense sur vélo fixe. J’étais en pleine forme.

Aujourd’hui, mon organisme garde encore des traces de ce burn out physiologique. Mes réserves d’énergie ne sont pas reconstituées, je garde donc une certaine fragilité dont je dois tenir compte au quotidien. 

Même si le moral est top et que mon cerveau fonctionne très bien (heureusement, vu le travail que demande la préparation du Master 2 en coaching) même si ma capacité à gérer mes émotions me permet de récupérer très rapidement après des chocs importants (comme le décès de mon papa l’an passé), le corps lui reste fragile. 

Un petit sondage que j’ai lancé sur facebook demandant aux personnes touchées par le burn out d’origine maternelle, combien de temps il avait fallu pour qu’elles aillent mieux, donne une durée de 18 à 24 mois. Dans le cas d’un burn out d’origine professionnelle, la durée est approximativement la même, la personne reprenant parfois le travail en mi-temps thérapeutique.

Le corps est souvent le grand oublié dans le prise en charge du burn out, qu’il soit professionnel ou autre. Et pourtant, sans lui, rien n’est réalisable.

J’ai l’immense plaisir d’avoir rejoint les intervenant(e)s de Shem’s, centre de prévention de l’épuisement. Vous pourrez y trouver de nombreux ateliers pour garder votre organisme en bonne forme.

Préservez votre santé, vous n’en avez qu’une.

Marie-Christine Eustache